Entre terre et mer, l’Aude a tout bon 

Près de la mer et de ses baies, il fait bon flâner le long de l’ étang du Doul à Peyriac-de- Mer et à Bages et son étang du même nom. Sans oublier de découvrir Narbonne, sa cathédrale, son pont habité et son musée flambant neuf, consacré au passé romain de la ville.
Gruissan, port de pêche de l’Ayrole @Laurent Rizzo

De l’eau, encore de l’eau, toujours de l’eau. L’Aude ne manque pas d’immenses étendues de marais, de salins, de dunes et de lagunes. Pour s’en rendre compte il faut, conseille Mickaël Falguera, grand amoureux de la nature et sympathique guide, « prendre de la hauteur pour admirer le paysage ». Aujourd’hui il nous a conduit au sommet de la colline du Mour à proximité du beau village de Peyriac-de-Mer. De là, les étangs scintillent à perte de vue, bordés au loin par le littoral méditerranéen et le massif de la Clape, 15 000 hectares -dont 8000 protégés- de vertes pinèdes, de vignes, de garrigues et de falaises. Des terres sauvages juste trouées ça et là par quelques îles, les cheminées d’usine de Port- La Nouvelle, la vieille tour de Gruissan ou la ligne de chemin de fer Narbonne/Perpignan qui serpente sur le lido entre deux étendues salées. Pour Mickaël Falguera, c’est la plus belle de France. Son conseil : grimper dans ses wagons dès que possible. En attendant, nous cheminons sur les pontons en bois des anciens salins de Peyriac-de-Mer, entre les oiseaux et les muges qui font des bonds impressionnants hors de l’eau. Une balade d’autant plus précieuse

Un parc régional pour protéger les oiseaux et les espèces végétales

Créé en décembre 2003, le parc naturel régional de la narbonnaise c’est 70 000 hectares, 21 communes, 42 kilomètres de littoral, 12 000 hectares de zones humides et 28 000 hectares de garrigues qui attirent chaque année 250 espèces d’oiseaux et a permis le développement de 1 400 espèces de végétaux. 56% du parc est classé Natura 2000 et 3 500 hectares sont gérés par le conservatoire du littoral. Sont protégés le Plateau de leucate, l’île sainte Lucie, le massif de la Clape, Fontfroide et le gouffre de l’œil doux. Observation ornithologiques, découverte des plantes, lecture de paysages. Les animations, conférences et visites sont gratuites et ouvertes à tous, conférences, et visites permettant de découvrir le Parc sous un angle original et toujours inspirant. www.parc-naturel-narbonnaise.fr.

que ce lieu très préservé, aménagé sur une lagune sauvage au 16 e siècle et exploité jusqu’en 1969, a failli disparaître sous les assauts d’un promoteur. C’était en 1987. L’homme, comme tous ses semblables, voulait construire une marina. Les habitants ont vu rouge et ne se sont pas laissé faire. Et entretemps, le Conservatoire du littoral a racheté le site et le parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée a été créé. De quoi préserver la riche biodiversité locale, les oiseaux et le littoral, l’un des  moins urbanisés de France, malgré les stations balnéaires comme la Franqui, Gruissan, Leucate plage, Saint-Pierre-la-mer…

Peyrac -de -mer,

Juste à côté, les pontons mènent à l’étang du Doul, qui communique avec la saline. C’est le plus profond et surtout il présente un taux d’hyperhalinité -soit un taux de sel- deux fois supérieur à celui de la mer. De quoi (d’après Raphaël qui a bien sûr essayé en se jetant à l’eau de la petite plage du bout de l’étang), flotter à la surface -un peu comme dans la mer Morte-. Ce qui lui a vaut le surnom de « mer Morte languedocienne ». A six kilomètres de là, après avoir longé une belle route entre deux eaux, on arrive à l’étang de Bages, le plus vaste de la région, dominé par son village juché sur un promontoire rocheux. Il y reste deux pêcheurs, dont les activités varient suivant le temps. Il pêchent notamment l’anguille, très prisée à l’époque par les Romains et aujourd’hui par les Italiens. Si vous avez de la chance et une fois que vous aurez un peu grimpé au-dessus du village -prenez de la hauteur comme dirait Mickaël- vous pourrez apercevoir au loin leurs longues barques…C’est beau, calme, doux et apaisant.

Mickaël Falguera, guide naturaliste sur les pontons de l’étang du Doul

Visites guidées avec Mickaël Falguera, guide naturaliste. Tél. : 06 84 43 82 30. www.jevousemmene.wix.com/aude

Et aussi:

Visiter le L.A.C

L’une des salles d’exposition du L.A.C @ Laurent Rizzo

Visitez le L.A.C, un formidable centre d’art contemporain privé, sis dans une immense et ancienne cave viticole de Sigean, restaurée et transformée par le peintre hollandais Piet Moget, qui y stockait des œuvres. Depuis 1991, c’est devenu un lieu d’exposition, tenu de main de maître par sa fille, qui y organise deux expositions par an. C’est aussi elle, qui vous fera visiter avec une extrême gentillesse, la très belle collection permanente débutée par son père, qui se renouvelle sur les murs régulièrement. Ouverture l’après-midi du jeudi au dimanche de 14H à 18H en période d’expositions ou sur rendez-vous : Tél. : 04 68 48 83 62. www.lac-narbonne.art 1 rue de la Berre Sigean.

Exposition ???, Du 2 juillet au 24 septembre du jeudi au dimanche 15H-19H. www.lac-narbonne.art

Découvrir Narbo Via

La galerie lapidaire @ Laurent Rizzo

Aller à Narbo Via à Narbonne. De quoi en savoir plus, grâce à une très belle muséographie, sur la longue histoire romaine de Narbo Martius, première colonie romaine de Gaule, devenue capitale de l’immense  province de la Narbonnaise et premier port de la Méditerranée occidentale. Paradoxalement il ne reste quasiment aucun vestige visible, la ville ayant commencé à être détruite au 3e siècle au début de l’ère chrétienne puis au XVIe siècle quand les pierres de la ville romaine ont été utilisées notamment pour construire le mur d’enceinte de la ville qui a ensuite été dynamité quand il n’y a plus eu besoin de remparts. Le visiteur est accueilli par une impressionnante galerie lapidaire de 76 mètres de long et une double rangée sur laquelle repose  760 blocs de pierre issus des nécropoles romaines de la ville antique, séparés par un rail pour pouvoir les déplacer. On y apprend aussi au travers 1300 pièces exposées, comment et pourquoi la ville très bien située était devenue la base arrière des romains pour conquérir la Gaule. Ou comment fonctionnait le port antique et son évolution, parfaitement reconstituée en trois D.

www.narbovia.fr

Visiter Narbonne en costume d’époque

Suivre des comédiens en grand costume pour visiter Narbonne, découvrir son passé romain, son pont des marchands, l’un des derniers ponts habités de France,  sa cathédrale dont la première pierre a été posée en 1272 et qui ne sera jamais achevée, ses bords du fleuve aménagés au XVIe siècle sous louis XII comme le quartier des halles, autre lieu très sympathique de la ville à ne pas rater. Renseignements à l’office de tourisme.

Grimper à la chapelle Notre Dame des Auzils

Ex votos dans la chapelle Notre Dame des Auzils., massif de la Clape @Laurent Rizzo

Grimper jusqu’à la chapelle Notre Dame des Auzils sur le massif de la Clape sur les hauteurs de Gruissan. Pour y parvenir on traverse une forêt de pins avant d’arriver au cimetière des marins créé au début du XIXe siècle. Le chemin qui monte jusqu’à la chapelle à environ 1 kilomètre, est bordé d’une trentaine de cénotaphes, des tombes vides construites par les familles pour rendre hommage à leurs marins partis faire fortune au loin sur des navires de commerce et disparus sans laisser de trace. D’où son surnom  d’« allée des naufragés »,  Au sommet la chapelle un repaire spirituel dédié aux marins avec ses ex voto offerts par les marins. La plupart ont été volés en 1967 et repeints en trompe l’œil sur les murs, sur décision de l’abbé de Gruissan qui avait fort heureusement pris des photos de chaque tableau. Incroyable ! 

Louer un kayak à la base nautique de Fort Mahon à Sigean pour sillonner les étangs

Aller sur l’île de Sainte Lucie, une réserve naturelle régionale

Port La nouvelle, Sainte Lucie

Accessible à pied, elle offre une belle vue sur les lagunes et les massifs environnants. Le refuge rénové vient de réouvrir. C’est rustique (grands dortoirs) mais sympa et on peut y dîner et prendre le petit déjeuner. Il y a là aussi  l’immense et sauvage plage du Grau de la Vieille Nouvelle. C’est l’un des seuls graux sauvages de France. Des circuits aménagés mènent aux vestiges de la cantine des ouvriers du sel et autres vestiges. Refuge de St Lucie Tél./ +33 9 88 18 18 79
+33 6 32 41 23 82 ; https://refuge-littoral-sainte-lucie.fr/

Visiter Gruissan

Cabanes de pêcheurs au port de l’Ayrole

A Gruissan, un ancien village transformé en station balnéaire où s’étalent à perte de vue des ronds-points longés de petites maisons ou d’immeubles pour le moins sans grand intérêt architectural, il reste quelques perles à visiter. Notamment le beau village ancien construit en escargot dominé par une tour du 13e siècle. Il y a aussi là une vingtaine de pêcheurs dont on peut aller voir les cabanes au port de pêche de l’Ayrole au-delà des salins de l’île Saint Martin. Et la plage des cabanes, une succession de maisons en bois colorées sur pilotis, une immense plage, avec en toile de fond le massif de la Clape . Un lieu unique rendu célèbre par le film 37 2 le matin.

Carnet de Bord

Manger au Portanel à Bages avec vue imprenable sur l’étang. Tél./ 04 68 42 81 66.

Boire un verre ou manger une cuisine simple et de terroir à « Ô vieux tonneaux » sur la place de la mairie à Peyrac-de-mer.

Manger une bonne cuisine de terroir au restaurant, façon ginguette « La Pacheyrasso », au bord des salins de la Palme, où l’on est fort bien accueilli. Plat du jour à 18 euros avec le dessert. Visites des salins en petit train. Réservation au 06 17 23 01 16.

Diner au Paparazzo sur la plage des cabanes à Gruissan.  50 av. de la jetée Place Alain Colas. 

Dormir à la villa Lagune ou au Firsherman’s View à Bages

 Dormir au Chai de Marguerite ou à la villa la Milouyette à Peyriac de mer.

Faire une pause à Gruissan au  Château le Bouis, une grande propriété viticole et un petit havre de paix authentique dans une belle maison, loin des parasols et de la foule de Gruissan. Visite et dégustation sur place. Château-lebouis.com

Faire une petite incursion dans les Corbières au domaine de Castelsec, une authentique maison entièrement écologique perchée à à267 mètres en pleine nature, tenue par Mireille Courtier, une aimable grand-mère. C’est route de Fraisse à Roquefort des Corbières. Demander de préférence le gîte. www.domainecastelsec-aude.fr  

S’échapper à vélo le long du canal de la Robine. De l’écluse de Moussoulens à Port la Nouvelle, – 6 écluses – Traverse Narbonne, où il est bordé d’un beau patrimoine immobilier datant du XIXe siècle

Longer ce canal à bicyclette en partant de Narbonne jusqu’à Port-La-Nouvelle, c’est comme remonter dans le temps le Canal de la Robine de Narbonne à Port-la-Nouvelle vous emmène à la découverte de la nature et des paysages typiques de la côte languedocienne, en traversant une étonnante langue de terre enserrée entre deux véritables mers intérieures… Sur le chemin de halage au cœur de la réserve de Sainte-Lucie, vous pédalez entre terre et eau jusqu’à une plage donnant sur l’immensité de la Méditerranée. www.canaldes2mersavelo.com