Vive le Flamenco

A vos agendas: les 11 et 12 juin, en première mondiale, le danseur flamenco David Coria, présente son dernier spectacle Babel Torre Viva au théâtre de la mer à Sète. Un grand moment.

J’ai découvert David Coria un triste dimanche de janvier, en 2015. Je suis passée sans transition d’une manifestation en hommage aux martyrs de Charlie Hebdo aux lambris du théâtre Bernadette Lafond pour assister au spectacle d’ouverture du 25e festival de flamenco de Nîmes. J’ai alors vu un jeune danseur-chorégraphe qui, en deux palos (chants flamenco), m’a fait oublier la dure réalité de l’extérieur. Etre un excellent danseur est une chose, créer un spectacle total en est une autre. Et David Coria s’avère être un remarquable bailaor (danseur de flamenco), pour moi l’un des meilleurs de sa génération,  et un créateur puissant. Il suffit de regarder ses deux dernières créations, Fandango et Bailes Robados. Il a une inventivité sans limite. Ses mouvements de ballet sont saisissants d’apparente spontanéité, de vivacité. L’histoire qu’il choisit de raconter est limpide, lisible par l’ensemble du public. Rien d’abscons, mais aucune facilité démagogique.

Cette intelligence créatrice ne peut exister sans un accompagnement musical de haut niveau. A la création musicale, depuis quelques spectacles, David Lagos déploie tout son talent. Excellent cantaor (chanteur), il est aussi excellent musicien. Son talent entre en résonance avec celui de son alter-ego danseur.

David Coria @ Valentin Chou

Tous deux reviennent à Sète pour proposer « Babel, Torre viva », qui pourrait se traduire par Babel, tour vivante ; ce sera en première mondiale, dans le cadre unique du Théâtre de la Mer, avec pour décor l’immensité de la Méditerranée. Décor qui cadre parfaitement avec cette histoire mythique, tirée de la bible. Les femmes et les hommes venaient des quatre coins du monde, parlaient la même langue, se comprenaient, s’entraidaient. Ils décident de défier Dieu en construisant une tour qui toucherait le ciel. Ce dernier les punit pour ce péché d’orgueil ; en un éclair, toutes et tous parlent des idiomes différents, ne se comprennent plus. De cette incompréhension naissent la peur, la violence et les guerres.  Pourquoi ne pas reconstruire cette tour emblématique de la compréhension et de la solidarité entre les humains. C’est aussi nommer ce geste commun, humain et porteur d’espoir,  une manière de rappeler que le collectif est encore possible.  Le danseur sévillan et sa troupe s’attellent à cette tâche titanesque. 

Y aller

Théâtre de la Mer à Sète, Promenade  Maréchal Leclerc, Sète.

Dates: 11 et 12 juin à 21H30.

Tarif: de 15 à 40 euros.

Durée: 1H15.

Renseignements et réservations au Théâtre Molière Sète (TMS). Tél.: 04 67 74 02 02 ou location@tms.com.