Ouarzazate, le Hollywood marocain

Ouarzazate, ses murs ocres et ses rues modernes et rectilignes. Rien d’inoubliable. Quoique. Dès l’arrivée, on est déjà ailleurs. Notamment si l’on va visiter la casbah Taourirt, juste à côté du centre-ville. Fondée au XIIIe siècle, ce dédale de ruelles bordées de maisons en pisé, est encore habité par deux cent familles. A deux pas, l’ancienne résidence du Glaoui (gouverneur), pacha de Marrakech, domine la situation de ses hautes façades crénelées. C’est une introduction parfaite à l’architecture berbère et à la route des mille casbahs de la vallée du Dadès. Construite en 1920, sur les restes du ksar du village, c’est aussi l’un des plus beaux édifices en pisé du Maroc, avec ses plafonds décorés et ses vastes salles.
En se penchant un peu aux fenêtres des appartements restaurés, on aperçoit le clocher d’une église blanche. Drôle de vision en pleine terre musulmane, mais renseignement pris, il s’agit d’un décor de cinéma avec son cloître et quelques édifices antiques cachés derrière une haute palissade juste à côté du musée du cinéma, qui a ouvert dans un ancien studio de production italien, juste en face de l’immense résidence fortifiée. C’est que Ouarzazate, avec ses 3 studios, est devenu un haut lieu de l’industrie mondiale du septième art. Les premiers studios sont sortis de terre en 1983 et se visitent, même les jours de tournage (cf encadré). Il n’est pas rare non plus de tomber en ville sur une équipe de tournage. Et avec un peu de chance, les fans pourront apercevoir Aidan Turner ou une autre star, au bord de la piscine du Berbère Palace, dont les couloirs remplis de décors de cinéma, rivalisent avec les studios et le musée.
A l’orée du pays des casbahs, sur la route de Marrakech : le ksar Aït-Benhaddou

Départ pour le ksar d’Aït Ben Haddou, autre chef d’œuvre architectural. Cela n’avait d’ailleurs pas échappé à David Lean qui, en 1962, y a tourné des scènes de « Lawrence d’Arabie ». Situé sur la route des caravanes, à l’ombre des impressionnants sommets de l’Atlas, il a été construit au XIe siècle sous la dynastie des Almoravides, ces « puritains du désert », également fondateurs du paradis perdu des Andalousies.

En 1987, le ksar a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui l’a sauvé de la lente dégradation à laquelle il était voué, la plupart des familles ayant préféré s’installer de l’autre côté de l’oued au bord de la route.
Revers de la médaille : c’est devenu un haut lieu du tourisme et il vaut mieux le visiter en fin de journée. Avec un peu de chance vous tomberez sur l’un de ses habitants qui se sont réinstallées à la suite des travaux (notamment un pont pour franchir l’oued) entrepris par différents organismes internationaux et nationaux. Il vous fera visiter l’une des six casbahs, des maisons fortifiées reconnaissables par leurs quatre tours d’angle. Dans l’une des deux qui font office de porte fortifiée, on peut approcher le mode de vie ancestral des villageois. Construites en terre sur deux ou trois étages et agrémentées de toit terrasse reposant sur des poutres de palmiers, elles sont richement décorées sur leurs parties hautes. Puis passage obligatoire, au sommet du Ksar où se dresse encore la forteresse en ruine. De là, la vue sur la plaine aride et les sommets de l’Atlas est époustouflante.
Déjeuner et visite du Ksar Ighnda

Drôle d’histoire que celle du Ksar Inghda. En 2008, Pascal Petrone, expert comptable marseillais, se promène par là. A l’orée de Douar Asfalou, il s’arrête, aperçoit une maison abandonnée et un jeune berger. Celui-ci deviendra finalement son barman aux côtés des 40 autres salariés de l’hôtel restaurant qu’il a ouvert en 2008 dans la Kasbah abandonnée, un bel ensemble traditionnel où une vingtaine d’ouvriers continuent la restauration, dans la plus pure tradition. Depuis le village sans eau et sans électricité, où il n’y avait plus âme qui vive, revit. Assez impressionnant.
Au retour un petit crochet par l’oasis de Fint s’impose, pour admirer le coucher de soleil. La piste chemine dans une vaste étendue de roches avant de descendre vers la luxuriante faille de l’oasis et ses quatre hameaux où vivent environ 1200 personnes.
Ksar Ighnda, Douar Asfalou, chambres single à partir de 130 euros environ. www.ksarighnda.http://ksarighnda.com.
La palmeraie de Skoura et la Casbah d’Amerhidil

La route traverse des étendues désertiques, où paissent quelques dromadaires, avant d’atteindre la palmeraie de Skoura, l’une des rares encore habitées, à une trentaine de kilomètres de Ouarzazate. Un écrin de verdure de 25 kilomètres carrés entouré de casbahs, où prospèrent les dattiers, figuiers, grenadiers, amandiers, abricotiers et rosiers. On passe faire un tour chez le potier, puis à la casbah privée d’Amrhidil.
Cette imposante forteresse berbère en pisé du XVIIe siècle a été abandonnée par ses propriétaires en 1962 et est transformée en musée depuis 30 ans. Avec sa succession de hautes maisons qui abritent des tours, c’est l’une des plus belles de la région. Le fils de de l’actuel propriétaire vous la fera visiter avec enthousiasme sans omettre de vous énumérer tous les détails de la vie locale, ni des films qui y ont été tournés, dont « Ali Baba et les 40 voleurs ». On peut aussi y manger ou y dormir dans la maison d’hôtes.
Casbah Amridil , 14 chambres doubles ou simples. A partir de 50 euros environ. Visites de la Casbah, compter une heure environ.
La vallée des roses
El-Kelâa M’Gouna, la capitale des roses, est perchée à 1 467 mètres d’altitude, sur la route des gorges du Dadès. A côté, dans la vallée des roses, les champs de blé, rosiers et amandiers grimpent à l’assaut des vallons de l’oued M’Goun.

Ce sont des pèlerins de retour de Damas qui auraient rapporté la précieuse Rosa Damaskina, dont on récolte ici chaque année 7000 tonnes. C’est là aussi qu’ont lieu tous les deuxièmes dimanche de mai, la fête des Roses et l’élection de miss Rose, le grand évènement local. En attendant, pour avoir une idée de la production, on s’arrête à la maison des Roses à la sortie de la ville. Les 45 coopératives de la région y présentent leurs produits dérivés, ainsi que les techniques de production dans un petit musée attenant.
Excursions d’une journée, mule et repas compris.
Renseignements au bureau des guides et accompagnateurs de montagne de El-Kelâa M’Gouna.
La vallée du Dadès ou « vallée aux mille casbahs »

De El-Kelâa M’Gouna, on se dirige vers Boulmane (112 kms de Ouarzazate), jusqu’à l’entrée de la vallée du Dadès, dite « vallée aux mille casbahs » et ses gorges époustouflantes. Ici, le paysage change brusquement et laisse place à des pics arides, des roches de 300 mètres de haut et un chapelet de ksour et de casbahs le long de l’oued. Ne pas rater « les doigts de singe », d’étonnantes roches rouges érodées près du village de Tamlalt.
Un chemin permet de gagner le lit de l’oued et de rejoindre à pied Aït-Oudinar en 3H30. On peut aussi continuer la route en longeant les ruines des casbahs d’Aït-Arbi, jusqu’au défilé d’Imdiazen, un étroit canyon, par une route vertigineuse jusqu’à Msemrir, un paisible bourg de montagne, point de départ de nombreuses randonnées.
Riad des vieilles charrues à Boulmane Tél. : 0524 83 06 52.
http://www.riadvieillescharrues.com/ Piscine et jardin et possibilité d’organiser des marches dans les montagnes alentours.
Et aussi




- Courses dans les boutiques et chez les antiquaires autour de la casbah de Taourirt à Ouarzazate. C’est plus cher qu’à l’extérieur de la ville, mais on peut y découvrir quelques belles antiquités dans de véritables cavernes d’Ali baba. Ou encore, la coopérative artisanale de tapis, avenue Mohamed V, une bonne adresse pour avoir une idée des prix et des différents styles.
- Visite des studios Atlas et/ou des studios CLA studios, à proximité de Ouarzazate sur la route de Marrakech. Aux studios Atlas, ouverts en 1983 à 5 kilomètres de Ouarzazate, en plein désert, on passe de décor en décor. Visite guidée obligatoire entre un char romain abandonné, une galère, des décors d’Astérix et Obélix ou un immense temple égyptien. Au passage, on rencontre des figurants en costume –des familles entières en vivent- et on pénètre dans l’impressionnant temple de « Kundun ». Il a servi de décor pour 10 minutes au film de Martin Scorcese, alors qu’il a nécessité trois mois de construction. Heureusement il a été réutilisé cinq minutes supplémentaires pour le tournage des « Chemins de la liberté ». Au loin dans le désert on aperçoit les remparts de Jérusalem au temps des croisades, filmées par Ridley Scott dans « the Kingdom of Heaven », des studios CLA voisins qui se visitent eux aussi.
- Une échappée dans le désert : la majorité des hôtels de Ouarzazate en proposent, avec soirée à la belle étoile.
- L’ancienne casbah des juifs à Amzrou.
- La bibliothèque coranique de Tamegrout (4 000 manuscrits, dont le plus ancien date du XIe siècle).
- La vallée du Drâa, haut lieu du commerce transsaharien de l’or du sel et des esclaves au XVIe et XVIIe siècles, dont les tours de guet et ksar témoignent des luttes entre cultivateurs sédentaires et pillards nomades.
- Au-delà de la vallée du Drâa, Zagora ( à 161 kms de Ouarzazate) est la dernière étape avant la traversée du désert pour les caravanes. Son fameux panneau « Tombouctou 52 jours » est le seul véritable symbole de la ville. A 26 kilomètres de là débutent les dunes de Tinfou d’où l’on peut faire une excursion en dromadaire dans le désert.




