Il ne reste plus que quelques jours pour découvrir ou redécouvrir ce peintre, injustement tombé dans l’oubli, ami de Diderot, et annonciateur d’un nouveau monde.
Greuze était un vieux souvenir d’enfance, en noir et blanc. Il paradait dans un jeu des 7 familles des peintres du XVIIIe siècle, aux côtés de Watteau, Fragonard ou encore Boucher. Mes connaissances étaient sommaires. Et je découvre un artiste de transition, d’un ancien monde vers un nouveau, celui de la Révolution Française. Ami de Diderot, il plonge le spectateur dans l’enfance. Il est sans doute le premier à représenter l’enfance et l’enfant comme des sujets à part entière, posant un regard sur leur éducation, leurs joies et leurs malheurs. Il est sans doute le premier à montrer la détresse des jeunes filles abusées et violées. L’un de ses tableaux emblématiques, « La cruche cassée », montre une jeune fille, revenant de la fontaine, sa cruche brisée à la main, les vêtements en désordre et le regard d’une insondable tristesse. Elle semble perdue et inconsolable. Menaçante, la fontaine trône derrière elle, surmontée d’une tête de lion. Cette détresse est perceptible dans « L’oiseau mort », symbolique de la perte de virginité.


© Collection particulière

Portraitiste hors pair, il peint son ami graveur Will et fait son auto-portrait. Le plus frappant est sans doute la profondeur du regard. Ses personnages sont vivants ; il ne peint pas des gens huppés, mais la bourgeoisie ou des paysans cossus. Un monde nouveau naît. L’éducation des enfants est une priorité ; au travers des tableaux, on repère le studieux, le glandeur ou le facétieux.
Peintre d’une grande finesse d’exécution, il saisit toutes les émotions, de la joie au malheur le plus grand.
Y aller
Jusqu’au 25 janvier, au Petit Palais.
Renseignements et réservations : petitpalais.paris.fr
