Vorarlberg : petit land autrichien, grand acteur du tourisme éco-responsable

Pour la deuxième année consécutive, le Sommet du tourisme durable (Stias) se tenait à Brégenz, en Autriche, sur les rives du lac de Constance, dans le land encore peu connu du Vorarlberg.

Comment concilier tourisme et préservation de la nature ? Durant deux jours, un colloque international s’est tenu à Brégenz en Autriche pour relater les expériences de tourisme respectueux de l’environnement et des hommes, ses enjeux mais aussi – parfois – ses difficultés pour concilier économie et écologie, changer les habitudes touristiques des hôtes comme des visiteurs.

Parce que bouger façonne le climat, l’industrie touristique ne peut échapper aux questionnement sur ces pratiques.

Cette conférence organisée par l’Office National Autrichien du tourisme (Österreich Werbung) en collaboration avec le Ministère fédéral de l’Économie et du Travail ainsi que la Chambre de commerce d’Autriche, se voulait être une plateforme de réseautage et d’échange de connaissances, présentant des projets de tourisme durable et des exemples de « best practice ». Les intervenants, des experts venant du monde du tourisme mais également des scientifiques, ont redit ici, en ce mois de juin 2025, combien était cruciale la question climatique et l’impérieuse nécessité de réduire les gaz à effets de serre dans tous les domaines économiques. Le secteur touristique, appelé sans cesse à se développer, n’échappe pas à la règle.

Ces deux jours de conférences et tables rondes ont réuni des acteurs touristiques du monde entier qui se sont fait un plaisir de décortiquer les différents aspects du tourisme durable : mobilité et infrastructure, tourisme équilibré dans les zones urbaines, accessibilité pour tous, économie circulaire…

De la théorie à la pratique de terrain

Avoir la tête pleine de ces expériences novatrices et bonnes pratiques c’est bien. Les découvrir in vivo, dans le décor majestueux des montagnes autrichiennes c’est mieux.

Chaussures de randonnée au pied, polaire sur le dos – malgré le réchauffement climatique, le printemps était capricieux en ce début juin 2025-, Vazzy est parti à la découverte de Grosseswalsertal, une des vertes régions du Vorarlberg. Paradis pour les vacanciers actifs et amoureux des vastes espaces, le Vorarlberg, et ses 39 sites Natura 2000, séduit par ses forêts denses, ses prairies alpines, ses lacs de montagne cristallins. L’initiative « Naturvielfalt Vorarlberg » – diversité de la nature dans le Vorarlberg – veille à ce que le tourisme durable et la préservation de l’environnement aillent de pair afin de préserver la beauté de la région.)

Le périple commence dans un monastère du XIIIe siècle, le Prostei Saint Gerold. L’ensemble architectural, magnifiquement restauré, doit son nom a un ermite qui a vécu dans cette verte vallée il y a plus de 1000 ans. Aujourd’hui, le Propstei St. Gerold est devenu le centre culturel et spirituel de la région. Ces 63 chambres accueillant aussi bien des séminaires, des colloques divers et variés que des touristes venus randonner dans les montagnes environnantes.

Une des facades du Propstei St. Gerold, un établissement partenaire du parc de biosphère. Matériau noble, nourritures terrestres (bio) et spirituelles, le « souci de la maison commune », cher à feu le Pape François, est vécu au quotidien dans l’établissement et ses paisibles jardins.


Après une nuit passée dans une des chambres cosy de l’hôtel, mini cellule de moine, toute de bois recouverte, confortable comme tout mais sans télé ni prise USB pour une meilleure connexion avec l’univers, il était temps de prendre la direction des alpages. Cap sur le parc de la biosphère situé dans le village de Sonntag. De là, il suffit de traverser la route pour s’élever dans les hauteurs. Moins à la grâce de Dieu – ou de Saint Gerold ! – que par celle d’un petit téléphérique qui en quelques minutes vous fait grimper à quelque 1 500 mètres d’altitude. Bienvenue dans le domaine de randonnée de Sonntag-Stein !

A vous le grand air et l’impression d’avoir été projeté hors du temps, dans une nature préservée mais néanmoins utilisée avec bon sens et respect. Ici les prairies aux herbes tendres se couvrent de fleurs sauvages, les vaches, leur cloche autour du cou, semblent les reines de ce petit monde et les rares chalets s’intègrent harmonieusement dans ces alpages préservées.


La réserve de biosphère s’étend sur une surface de quelque 192 kilomètres carrés à 90 % totalement préservés et naturels. Forêts, prairies, gorges, cascades, sources et montagnes, formation calcaires… sont autant d’habitats privilégiés pour la faune et la flore de cette contrée.


Au cœur de la biosphère du XXIe siècle

Pour toute personne exogène à cet environnement préservé, le parc a mis en place un sentier thématique pour apprendre à écouter la nature. On plonge alors la tête dans une roche creusée où l’on jurerait presque avoir entendu la mer, on peut aussi s’assoir sur un banc et, un énorme sonotone collé à l’oreille, entendre les pas d’un randonneur crisser sur les herbes. La randonnée, réalisable par tous, débouche sur ce qu’on pourrait rebaptiser une « montagne aux échos ». Au bout d’un belvédère en bois le vide, avec en face une paroi rocheuse impressionnante. Un porte-voix permet d’envoyer toutes sortes de messages à la nature.

Cri primal ou Yodel autrichien, fous rires, murmures ou déclaration d’amour à Mère nature, le « chant des possibles » est infini.

Les randonneurs les plus sportifs peuvent gravir les sommets du le Wandfluh ou le Breithorn et profiter de la vue imprenable sur le Großes Walsertal.

Pour en savoir plus

Office du tourisme autrichien

www.austria.info/fr

vacances@austria.info



crédit photo de Une @DR